01

 

 

Le fil d’une idée ressemble à une branche tordue qui se divise sans cesse, jusqu’à ce que ses pointes soient si éloignées du tronc qu’elles s’entrecroisent. Les idées originales se trouvent souvent à ce niveau, loin des lieux communs. Le défi est de structurer le fil de la pensée pour éviter qu’il ne s’égare dans les embranchements comme un singe. Pour y voir plus clair, il y a le schéma heuristique ou, en bon français, le mind map.

 

Il s’agit donc d’un plan de brainstorm qui suit le fil de tes pensées. Il peut se déployer en images et/ou en mots selon ta personnalité. En notant les idées de façon organique, des liens se forment sous tes yeux. En se rejoignant, les concepts font des petits. Ce qui était d’abord un chaos d’informations commence à se structurer en un concept clair.

 

02

 

PETIT CONSEIL :

Si tu as de grands élans créatifs, prends un très grand carton ou prépares-toi à rabouter quelques feuilles.

 

VOICI COMMENT ÇA SE DÉROULE :

Au centre, il y a l’objet du brainstorm. Que tu sois publiciste, cinéaste, romancier, étudiant en biologie…. La recette reste la même. À titre d’exemple, disons que tu dois créer un logo de restaurant pour ton beau-frère. Tu dessines ou écris au milieu de ton carton: Logo restaurant.

 

03

 

Autour du sujet principal, inscris les informations connues qui y sont liées. Ce 2me niveau est assez rationnel, presque ronflant. Il est quand même important de bien documenter cette base pour ensuite pouvoir s’en éloigner.

 

Dans le cas présent, on peut se poser les questions suivantes:

  • QUOI? Du calmar et des olives.
  • POURQUOI? Partager la culture grecque.
  • PAR QUI? Taki.
  • POUR QUI? Les amateurs de bonne bouffe et de football européen

 

04

 

Maintenant qu’on a collecté le data et la poutine rationnelle, débute le créatif. Il s’agit de noter des mots découlant des éléments déjà listés. Balances tout ce qui te passe par la tête. L’inspiration c’est la folie. C’est pas le temps d’être chochotte, la peur du ridicule obstrue le jus créatif.

 

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C’est ici que ça devient vraiment intéressant. Le but du jeu est de trouver des liens entre les éléments périphériques. Parfois la parenté est mince mais peu importe, il s’agit de jeter des ponts pour accéder aux concepts que ta rationalité dissimule.

 

Par exemple, Athéna aurait fait pousser un olivier sur l’acropole. Elle est donc le lien entre l’olivier et le Parthénon de l’Acropole. C’est le genre de pont qui peut venir facilement, sinon y’a qu’à Googler les deux mots et voir ce qui en ressort.

 

08

 

Souvent, les branches poussent dans une direction. Il faut suivre cette percée. Jusqu’à ce qu’un ultime point commun fasse surface. Boum… Tu l’as! Il a une belle tête de champion. Il forme un parapluie sous lequel les branches convergent. Il fait lever la sauce en liant plusieurs ingrédients isolés du brainstorm. Ces éléments, jadis secondaires, sont maintenant les fondations du concept.

 

Ici, nous capitalisons sur le mythique affrontement entre Poséidon et Athéna. En réunissant la lance et le trident de ces dieux en un cercle, on évoque l’iconologie classique d’un restaurant ; l’assiette et les ustensiles. En ornant le tout d’un motif antique, une grecque, on scelle le concept. Aaaahhh… le beau-frère est content! Tu viens d’acheter un peu de paix jusqu’à ce qu’il te demande de faire sa plomberie. Merci Ô schéma heuristique!

 

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Le fil conducteur d’un concept est souvent caché derrière plusieurs branches d’informations apparemment sans parenté. C’est en les parcourant jusqu’à la pointe qu’on cueille le fruit le plus juteux. Si tu as l’occasion d’essayer cette technique, je suis curieux de savoir comment tu grimpes les branches. Dis-moi tout…

 

MANUEL PETERSEN

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